Écarts de rémunération dans les ministères en 2025 : une égalité qui se fait attendre

La DGAFP a récemment publié une nouvelle édition de Stats Rapides, consacrée aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes parmi les fonctionnaires des ministères en 2025. La CFDT en propose une analyse et réaffirme sa revendication en faveur de mesures concrètes.

Malgré une réduction lente des inégalités, le constat reste amer

En 2025, les femmes fonctionnaires au sein de nos ministères gagnent toujours en moyenne 9,8 % de moins que leurs collègues masculins, soit un manque à gagner de 410 euros bruts par mois.

Un progrès réel mais insuffisant

En dix ans, l’écart global a certes reculé de 5 points (il était de 14,9 % en 2015). Cette amélioration s’explique par deux facteurs principaux :
  • l’augmentation du temps de travail des femmes, qui sont moins nombreuses à avoir recours au temps partiel (13 % en 2025 contre 18 % en 2015).
  • la féminisation des métiers les mieux rémunérés, notamment dans la catégorie A (hors enseignants) et les emplois fonctionnels.

Toutefois, à temps de travail égal, l’écart persiste à 8,1 %. Plus frappant encore : même à corps, grade et échelon identiques, il subsiste un écart « résiduel » de 2,1 % qui ne s’est pas réduit depuis dix ans.

Les racines du mal : ségrégation et régime indemnitaire

Le rapport pointe des causes structurelles sur lesquelles il est possible d’agir :
  • la ségrégation des corps (50 % de l’écart à temps égal) : les hommes occupent plus souvent les corps les mieux rémunérés. Par exemple chez les enseignants, les hommes sont surreprésentés dans le supérieur où les salaires sont plus élevés, tandis que les femmes représentent 85 % des professeurs des écoles, moins bien rémunérés.
  • l’effet « primes » (26 % de l’écart à temps égal) : à poste égal, les hommes perçoivent plus de primes, souvent liées aux heures supplémentaires ou à des sujétions spécifiques.
  • à 55 ans et +, l’écart se creuse encore plus avec un écart sur le salaire équivalent temps plein (EQTP) de 512 €

 

Qu’est-ce que cela implique pour nos ministères

Ces données englobent l’ensemble des ministères et concernent neuf agents sur dix de la fonction publique de l’État.

Elles mettent en évidence plusieurs enjeux structurants pour nos périmètres ministériels :

  • l’accès des femmes aux emplois fonctionnels,
  • les trajectoires de carrière en catégorie A,
  • l’effet des primes et des heures supplémentaires,
  • l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

La réduction des écarts suppose :

  • une politique volontariste en matière de promotions et de nominations,
  • une attention soutenue aux régimes indemnitaires,
  • une action déterminée contre les mécanismes de ségrégation professionnelle,
  • un suivi régulier et transparent des indicateurs.

Le chiffre à retenir

En 2025, le salaire moyen d’une femme fonctionnaire est de 3 751 € contre 4 161 € pour un homme. L’égalité ne peut plus attendre la prochaine décennie !

L’égalité professionnelle ne s’impose pas par principe : elle se bâtit dans le temps, à travers les parcours, les évolutions de carrière, les promotions et une juste reconnaissance salariale du travail accompli.

La CFDT poursuivra son engagement en portant ces revendications au sein des instances et lors des négociations ministérielles.

Vous pouvez consulter Stats Rapides n°130 ici

Pour aller plus loin :