Voie Pro : le projet du Sgen-CFDT

Pour le Sgen-CFDT, les finalités de la voie professionnelle scolaire doivent être clarifiées, et la réalité du travail des personnels des lycées professionnels reconnue.

Pour le Sgen-CFDT, la voie pro doit s’inscrire dans un parcours Bac-3/Bac+3 à égale dignité des voies générale et technologique. Son caractère professionnalisant, intégrant des enseignements professionnels, généraux et de l’alternance, ne doit pas la détourner de sa vocation de former des citoyens éclairés capables de se réaliser. Le Sgen-CFDT revendique qu’aucun jeune ne sorte du système scolaire sans solution.

Les annonces du président de la République et celles de la ministre déléguée ont suscité beaucoup d’inquiétudes, créant un climat anxiogène et malsain au sein des lycées professionnels.

Face aux déclarations et réactions en chaîne qu’elles suscitent, il s’agit de rétablir certaines vérités sur la voie pro

NON, il n’est pas prévu de faire disparaître la voie pro scolaire de l’Éducation nationale.

Lors des campagnes présidentielles et législatives, le Sgen-CFDT a rencontré 2 fois les équipes de LREM sur la question de la voie professionnelle, et a obtenu que l’option du démantèlement de la voie pro scolaire soit définitivement écartée. Cet arbitrage a finalement conduit à confirmer le maintien des lycées professionnels dans l’Éducation nationale.

 

OUI, les déclarations et les intentions du président Macron sur l’augmentation de 50 % des PFMP assortie d’une gratification, et la fermeture de certaines formations « moins insérantes » font peur.

Le Sgen-CFDT dénonce cette communication et déplore le climat néfaste qu’elle a provoqué dans les LP. Face à l’imprécision d’une feuille de route inatteignable, déroulée par le président Macron, le Sgen-CFDT a réclamé dès septembre que des concertations s’engagent rapidement.

 

Mais NON, la réforme n’est pas écrite, elle fera l’objet d’un accord de méthode préalable à des concertations.

Le Sgen-CFDT plaide pour un dialogue social constructif. Après 5 années de verticalité portée par le ministre Blanquer, le Sgen-CFDT ne peut qu’être favorable à la démarche proposée. L’accord de méthode doit préciser les conditions, les champs, le rythme et le calendrier des discussions. Le Sgen-CFDT sera extrêmement exigeant sur la question du calendrier. Il est hors de question de travailler dans la précipitation qui conduirait à dégrader davantage le travail des personnels.

Pour le Sgen-CFDT, la voie professionnelle ne pourra se transformer contre les personnels. Avant de procéder à un acte 2 de la transformation de la voie professionnelle, le Sgen-CFDT revendique la reconnaissance de la réalité du travail des personnels en LP qui en fait aussi leur fierté professionnelle.

L’accord de méthode proposé par le ministère impose d’abord de reconnaître

  • L’environnement inclusif dans lequel travaille les PLP
  • L’investissement et l’adaptabilité des PLP dans la mise en œuvre des dispositifs de la TVP : Co-interventions, chef d’œuvre, AP
  • L’ensemble des missions particulières qu’ils endossent : suivi et accompagnement des élèves en difficultés, suivi des PFMP, liens avec les entreprises, mise en place de l’apprentissage

Pour les concertations, les lignes rouges du Sgen-CFDT porteront sur 4 points

  • L’autonomie : Elle ne peut pas se décréter, elle doit se construire et être accompagnée dans un cadre national.
  • L’augmentation des PFMP : Ce n’est pas un objectif mais un moyen qui pourrait correspondre à certains élèves. Elle ne peut donc pas être systématisée à tous les élèves sur toutes les filières. Il faut travailler avant tout sur la qualité des PFMP plutôt que sur leur quantité.
  • L’apprentissage : Dans le même esprit que l’augmentation des PFMP, ce n’est pas une solution pour tous, ce n’est qu’une modalité pédagogique parmi d’autres pour permettre de répondre aux besoins de certains jeunes.
  • La modification de la carte des formations : Ce ne doit pas être un objectif non plus. Nous rappelons qu’elle est déjà revue chaque année. La recherche d’une adéquation stricte avec les besoins des entreprises ne tient pas compte du fait que 60% des jeunes de la voie pro s’inscrivent sur parcours sup. Les entreprises, si elles sont capables de décrire leurs besoins de main d’œuvre, sont souvent incapables de réaliser une prévision sur 5 ou 10 ans. Comment, alors, leur faire confiance pour bouleverser l’offre.