Suppressions d’emplois dans l’Éducation nationale : une décision inacceptable
Suppressions d’emplois dans l’Éducation nationale : une décision inacceptable
La CFDT Éducation, Formation, Recherche Publiques dénonce avec force les annonces gouvernementales de suppressions d’emplois dans l’Éducation nationale. Ces choix budgétaires vont conduire à des fermetures de classes, d’écoles, à une diminution de l’offre de formation et à une dégradation grave du service public d’Éducation.
Derrière des arbitrages comptables présentés comme inéluctables, ce sont bien les réalités pédagogiques, sociales et territoriales qui sont ignorées. En faisant de la démographie la boussole quasi exclusive des moyens alloués, le gouvernement adopte une vision court-termiste, déconnectée des besoins des élèves comme de ceux des personnels.
Une logique budgétaire qui fragilise l’École publique
La CFDT rappelle que, depuis 2017, les gouvernements successifs ont su faire abstraction de la baisse démographique lorsque les effectifs augmentaient dans le second degré, tout en supprimant des postes. Aujourd’hui, la baisse du nombre d’élèves sert de justification à des décisions qui vont durablement affaiblir l’École publique.
Pourtant, la France demeure l’un des pays d’Europe où les classes sont parmi les plus chargées, tant dans le premier que dans le second degré. Cette situation pèse lourdement sur les conditions d’apprentissage des élèves et sur les conditions de travail des personnels.
Réduire les effectifs par classe : un levier contre les inégalités
Avec l’intersyndicale composée de la FSU, de UNSA Éducation, de la CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, de CGT Educ’action, du SNALC et de SUD Éducation, nous rappelons une évidence largement documentée par la recherche :
la baisse démographique doit être utilisée pour réduire significativement le nombre d’élèves par classe, en particulier dans les territoires et les établissements les plus fragiles.
La taille des classes influence directement la réussite scolaire, notamment pour les élèves issus des milieux populaires. En actant des suppressions d’emplois, le gouvernement tourne le dos aux impératifs éducatifs, sociaux et démocratiques.
Je n’ai jamais vu autant de suppressions d’emplois en Aquitaine. Nous oscillons entre effarement, indignation et colère. Les dégâts vont se faire sentir sur les collègues – avec des charges de travail accrues, des remplacements de collègues impossibles – mais aussi sur les élèves
Premier degré : des suppressions massives et des fermetures annoncées
Dans le premier degré public, 1 891 postes vont être supprimés. À ces suppressions s’ajoutent les redéploiements opérés par les DSDEN pour alimenter les PAS et répondre à d’autres commandes ministérielles.
Le résultat est sans appel : un nombre de fermetures de classes important qui vient s’ajouter à celles déjà subies ces dernières années.
Ces décisions vont encore fragiliser l’école primaire, pourtant essentielle pour lutter contre les inégalités dès les premières années de scolarité.
Second degré : une saignée continue des moyens
Dans le second degré public, 1 365 emplois de professeurs seront supprimés à la rentrée. Depuis 2018, ce sont 10 230 emplois qui ont disparu.
Les premiers retours des académies font état d’une véritable hémorragie, rappelant les pires années de suppressions massives, avec des situations particulièrement alarmantes dans certaines académies.
Vies scolaires, AESH, PsyEN, personnels sociaux et de santé : le compte n’y est pas
Ce budget ne prévoit aucune création d’emplois de CPE ni d’AED, alors même que les enjeux de climat scolaire, de prévention et d’accompagnement des élèves sont de plus en plus prégnants.
À ce jour, aucune information claire n’a été communiquée sur la répartition des moyens concernant les infirmières scolaires, les assistantes sociales et les PsyEN.
L’Éducation nationale manque de tout : de professeurs, mais aussi d’AESH. 48 726 élèves en situation de handicap sont aujourd’hui sans solution d’accompagnement.
La création annoncée de 1 700 emplois d’AESH est un signal, mais elle restera largement insuffisante tant qu’un véritable statut ne sera pas créé pour sortir ces personnels de la précarité.
La CFDT s’est exprimée CONTRE cette dotation lors du comité social d’administration. |
Mobilisation intersyndicale : des actions en cours
Au niveau local, la CFDT s’inscrit pleinement dans une intersyndicale qui se réunit ce mardi 24 février à 16h30.
Des actions devraient être décidées à l’issue de cette rencontre.
Un rassemblement est d’ores et déjà prévu le mercredi 26 février devant le rectorat.
Les collègues qui le souhaitent peuvent également se mettre en grève le jeudi 26 février pour protester contre les suppressions de postes et défendre le service public d’Éducation.
Un temps d’échange proposé aux adhérents CFDT
Parce que ces annonces suscitent légitimement interrogations et inquiétudes, la CFDT propose à ses adhérents un temps d’échange en visioconférence :
- Mardi 25 février à 14h30
- Suppressions de postes : premier et second degrés, faire le point
Un moment pour analyser la situation, comprendre les enjeux et répondre concrètement aux questions des collègues.