Retour d’enquête sur vos conditions de travail des ATSS

Quel retour de l'enquête ?

Retour d’enquête sur vos conditions de travail des ATSS

Une participation large et représentative

Vous avez été nombreuses et nombreux à répondre à l’enquête CFDT consacrée aux conditions de travail des personnels ATSS. Cette forte mobilisation, provenant de services, de métiers et de situations professionnelles variés, témoigne d’un réel besoin d’expression et de reconnaissance. Vos réponses reflètent la diversité des réalités vécues au quotidien, mais aussi des préoccupations largement partagées.

Lire l’enquête ICI.

2. Les grands axes abordés par l’enquête

Cette enquête avait pour objectif d’explorer de manière approfondie les conditions de travail des ATSS, dans toutes leurs dimensions. Elle vous invitait également à formuler des pistes d’amélioration concrètes, afin d’alimenter les revendications portées par la CFDT.

La richesse, la précision et la sincérité de vos réponses nous conduisent aujourd’hui à aller plus loin. C’est pourquoi nous publierons prochainement une série d’articles d’analyse, organisée autour de quatre axes majeurs qui ressortent de l’enquête :

  • Point 1 : Les conditions de travail
    Charge de travail, organisation, moyens matériels, contraintes temporelles, reconnaissance du travail effectué.

  • Point 2 : Le métier et le travail réel
    Évolution des missions, polyvalence, sens du travail, adéquation entre les fiches de poste et la réalité quotidienne.

  • Point 3 : La communication et les relations professionnelles
    Relations hiérarchiques, coopération entre services, circulation de l’information, reconnaissance institutionnelle.

  • Point 4 : Les améliorations pour un meilleur bien-être au travail
    Vos propositions pour améliorer la qualité de vie au travail, prévenir l’usure professionnelle et renforcer l’attractivité des métiers ATSS.

Quelques précisions sur vos réponses :

Lieu de travail

Corps dans la filière administrative

Votre charge de travail a augmenté lors des 5 dernières années ?

De quelle manière le travail a-t-il augmenté ?

L’absence d’une collègue impacte-t-il ta charge de travail ?

Te sens-tu dépassé-e ou fatigué-e?

Le climat de travail

Ressenti sur  la cohérence des  informations

Ressenti entre responsabilité et fiche de poste

Premiers enseignements et analyse générale

Voici les points clés qui ressortent des témoignages :
1. Une charge de travail en explosion
La quasi-totalité des répondants signale une augmentation massive de la charge de travail au cours des cinq dernières années
.
Massification des dossiers : Dans certains services de paie, le nombre d’enseignants à gérer par gestionnaire est passé de 550-600 à 900, voire 1000 agents
.
Complexification des missions : L’augmentation ne concerne pas seulement le volume, mais aussi la complexité des procédures (nouvelles indemnités, contrôles financiers accrus, dématérialisation non simplificatrice)
.
2. Le naufrage informatique : le cas « Op@le »
Les logiciels sont perçus comme un frein majeur plutôt qu’un soutien.
Critique d’Op@le : Ce logiciel est décrit comme « complexe », « chronophage », « inachevé » et « mal conçu »

. Il génère une perte de temps considérable par rapport aux anciens systèmes comme GFC

.
Obsolescence : D’autres outils sont jugés archaïques (SAP, EPP, suite Office 2007) ou instables, obligeant les agents à s’adapter à l’outil plutôt que l’inverse
.
3. Un manque de moyens humains et de reconnaissance
Le bilan souligne une pénurie de personnels aggravée par des non-remplacements.
Postes non pourvus : Les absences (congés maternité, maladies) et les suppressions de postes obligent les collègues restants à compenser, menant parfois à l’épuisement professionnel ou au burn-out

. Un témoignage relate même une évacuation par les pompiers suite à un surmenage

.
Décalage grade/missions : Plusieurs agents (catégorie C) effectuent des missions relevant de la catégorie B sans reconnaissance statutaire ou financière
.
Soutien hiérarchique à géométrie variable : Si la hiérarchie directe (N+1) est souvent perçue comme compréhensive, la « hiérarchie supérieure » (Rectorat, DSDEN, ministères) est jugée indifférente, voire méprisante face aux alertes
.
4. Un environnement physique précaire
Le cadre de travail quotidien est souvent jugé insatisfaisant :
Inconfort thermique : De nombreux agents se plaignent d’avoir froid l’hiver et chaud l’été dans des locaux mal isolés
.
Nuisances sonores : Le travail en bureaux partagés ou en environnements bruyants est une source de gêne récurrente
.
Vétusté : Plusieurs locaux sont décrits comme vétustes, obscurs ou mal entretenus
.
En résumé, les personnels se sentent submergés par une mer de dossiers sur un navire dont les outils de navigation (logiciels) sont défaillants et dont l’équipage s’amenuise, tout en ayant le sentiment que le commandement à terre ignore leurs appels de détresse.