9 juin : les AESH réclament un vrai statut et une véritable reconnaissance

Le 9 juin 2026, les AESH de Gironde se sont mobilisés devant le rectorat de Bordeaux à l’appel d’une intersyndicale

Réunis lors d’un pique-nique revendicatif, les accompagnants d’élèves en situation de handicap ont dénoncé la précarité persistante de leur métier, la dégradation de leurs conditions de travail et l’absence de véritable reconnaissance professionnelle.

Alors que l’école inclusive repose largement sur leur engagement quotidien, les AESH continuent d’exercer dans un cadre marqué par les temps partiels imposés, des rémunérations insuffisantes et des perspectives de carrière limitées. Cette mobilisation visait à rappeler une réalité souvent méconnue : sans AESH, l’inclusion scolaire de milliers d’élèves serait tout simplement impossible.

Une délégation reçue au rectorat de Bordeaux

À l’issue du rassemblement, une délégation intersyndicale a été reçue par le Rectorat de l’académie de Bordeaux.

L’administration a souhaité rassurer les représentants des personnels, indiquant notamment que les évolutions en cours n’avaient pas pour objectif de supprimer des postes ou de licencier des AESH.

Mais les réponses apportées n’ont pas levé les inquiétudes. Elles ont même confirmé plusieurs craintes exprimées depuis des mois par les personnels concernant l’évolution de leurs missions, leur mobilité et l’organisation future de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Les revendications de la CFDT pour les AESH

La CFDT Éducation, Formation, Recherche Publiques porte les revendications suivantes pour les AESH :

  • la création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B ;
  • l’accès à un temps plein construit à partir des missions réelles ;
  • une revalorisation salariale significative ;
  • une formation initiale et continue renforcée ;
  • des perspectives d’évolution de carrière ;
  • la stabilité des affectations pour garantir la continuité de l’accompagnement.

Pour la CFDT, la reconnaissance des AESH est une condition indispensable au bon fonctionnement de l’école inclusive.

Les AESH, indispensables au fonctionnement de l’école inclusive

Aujourd’hui, les AESH occupent une place essentielle dans l’Éducation nationale. Ils constituent le deuxième groupe professionnel du ministère après les enseignants.

Selon les données de la DEPP, 134 800 AESH étaient en activité à la rentrée 2024. Pourtant, près de 98 % d’entre eux travaillent à temps incomplet, avec une quotité moyenne correspondant à seulement 63 % d’un temps plein.

Leur rémunération moyenne atteignait 1 030 euros nets par mois en 2023 et une très large majorité estime ne pas être rémunérée à la hauteur des responsabilités exercées.

Derrière ces chiffres se trouvent des professionnels qui accompagnent chaque jour des élèves aux besoins très divers. De la maternelle au lycée, ils interviennent auprès d’élèves présentant des handicaps moteurs, cognitifs, sensoriels, comportementaux ou relationnels, en adaptant constamment leurs pratiques aux situations rencontrées.

Des conditions de travail toujours plus exigeantes

Les AESH dénoncent une accumulation de contraintes qui rendent leur métier de plus en plus difficile à exercer.

Parmi les principales difficultés évoquées figurent :

  • les temps partiels imposés, souvent limités à 20, 24 ou 30 heures hebdomadaires ;
  • l’impossibilité d’accéder à un véritable temps plein ;
  • les affectations sur plusieurs établissements ;
  • les déplacements fréquents sur des secteurs parfois très étendus ;
  • l’obligation de s’adapter à des publics, des équipes et des contextes très différents ;
  • l’élargissement progressif des missions sans reconnaissance correspondante ;
  • le manque de temps de concertation et de formation.

À ces difficultés s’ajoutent les interrogations suscitées par le déploiement des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), qui pourraient accroître la mobilité des AESH et remettre en cause la stabilité des accompagnements déjà construits au sein des écoles et des établissements.

La stabilité des AESH est une nécessité pour les élèves

Pour les personnels mobilisés, la question ne se limite pas à leurs conditions de travail. Elle concerne également la qualité de l’accompagnement proposé aux élèves.

Lorsqu’une AESH connaît un élève, son fonctionnement, ses besoins, son environnement scolaire et les pratiques de l’équipe éducative, l’accompagnement gagne en efficacité et en cohérence.

Cette continuité est essentielle pour les élèves en situation de handicap, mais aussi pour leurs familles et les équipes pédagogiques.

À l’inverse, la multiplication des changements d’affectation fragilise les repères construits au fil du temps et complique le travail collectif indispensable à la réussite de l’inclusion scolaire.

Le manque de moyens reste un problème majeur

Malgré les progrès réalisés depuis la loi de 2005 sur le handicap, les besoins restent très largement supérieurs aux moyens disponibles.

À la rentrée 2025, près de 48 726 élèves bénéficiant d’une notification d’accompagnement étaient encore sans solution, soit plus de 14 % des élèves concernés.

Pour les organisations syndicales, ce constat montre que les difficultés de l’école inclusive ne résultent pas de l’existence des AESH, mais du manque de recrutement, de moyens, de formation et de reconnaissance accordés à ces personnels.

Les AESH réclament un véritable statut

Les AESH ne demandent pas un traitement particulier. Ils demandent que leur métier soit reconnu à la hauteur de son utilité sociale et éducative.

Ils souhaitent disposer :

  • d’un véritable statut ;
  • d’un accès possible au temps plein ;
  • d’une rémunération permettant de vivre dignement ;
  • d’une formation adaptée aux réalités du terrain ;
  • de perspectives d’évolution professionnelle ;
  • d’un cadre national garantissant leurs droits et leurs missions.

La revendication principale portée lors de cette mobilisation est la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, afin de sortir durablement de la précarité qui caractérise aujourd’hui leur situation.

Il est temps de reconnaître celles et ceux qui rendent l’école inclusive possible

Vingt ans après la loi de 2005, l’école inclusive est devenue une réalité dans les établissements scolaires. Mais cette réussite repose largement sur l’engagement quotidien des AESH.

Alors que les besoins d’accompagnement continuent d’augmenter, les personnels demandent simplement que leur métier soit enfin reconnu comme une mission pérenne, essentielle et indispensable du service public d’éducation.

L’Éducation nationale a construit l’école inclusive. Il est désormais temps de construire une véritable carrière pour les AESH.