AESH : titularisation, PAS, inclusion scolaire… pourquoi les annonces du ministère inquiètent la CFDT

L’inclusion scolaire mérite des moyens, pas une reconnaissance réservée à 20 % des AESH.

AESH : Le ministère propose la fonctionnarisation de seulement 20 % des personnels, la CFDT  indignée et révoltée !

Les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) jouent un rôle indispensable dans l’école inclusive.

Pourtant, malgré leur engagement quotidien auprès des élèves en situation de handicap, leurs conditions de travail restent marquées par la précarité, les temps incomplets subis et une reconnaissance insuffisante.

Lors d’un groupe de travail organisé au ministère de l’Éducation nationale le 20 mai 2026, plusieurs pistes de réforme concernant l’avenir des AESH ont été présentées aux organisations syndicales. Parmi elles : une titularisation limitée à une minorité des personnels (20% seulement), une évolution des missions des AESH, une nouvelle organisation autour des PAS (Pôles d’appui à la scolarité) et une réflexion sur l’augmentation du temps de travail.

Ces annonces suscitent une vive inquiétude dans la profession.

La CFDT rappelle qu’aucune politique d’inclusion scolaire ambitieuse ne pourra se construire sans une véritable reconnaissance des AESH, des moyens humains suffisants et le respect des droits des élèves et des familles.

 

AESH : ce que prévoit le ministère

Le ministère envisage plusieurs évolutions importantes concernant les accompagnants d’élèves en situation de handicap :

  • une possible titularisation d’environ 20 % des AESH ;
  • la création de fonctions d’AESH référents ;
  • une redéfinition des missions autour de l’accessibilité et de l’accompagnement quotidien ;
  • une montée en puissance des PAS ;
  • une réflexion sur le temps de travail des AESH et leur intervention hors temps scolaire.

Pour de nombreux personnels, ces orientations font craindre une dégradation des conditions d’accompagnement des élèves et une reconnaissance réservée à une minorité.

La position de la CFDT sur les AESH

Pour la CFDT, les AESH sont des personnels essentiels au fonctionnement du service public d’Éducation.

On ne construira pas une école inclusive sur la précarité des AESH

La perspective de ne titulariser qu’une partie des AESH est inacceptable. Créer des distinctions entre personnels reviendrait à fragiliser encore davantage un métier déjà marqué par la précarité.

La CFDT revendique :

  • une reconnaissance statutaire pour tous les AESH ;
  • une amélioration immédiate des salaires ;
  • des contrats permettant de vivre dignement ;
  • une véritable formation professionnelle ;
  • des conditions de travail respectueuses de la pénibilité du métier ;
  • des perspectives d’évolution de carrière.

Inclusion scolaire : la CFDT alerte sur les PAS et les notifications MDPH

La CFDT s’inquiète également des conséquences possibles des PAS sur les droits des élèves en situation de handicap.

Les notifications MDPH constituent aujourd’hui une garantie essentielle pour les familles. Toute évolution qui conduirait à mutualiser davantage les accompagnements ou à rendre moins lisibles les aides humaines risquerait d’affaiblir l’effectivité de l’inclusion scolaire.

L’inclusion ne peut pas devenir une logique de gestion des moyens. Elle doit rester un droit garanti pour chaque élève.

Temps de travail des AESH : une réalité de terrain ignorée

Les AESH exercent un métier exigeant, avec une forte charge mentale et émotionnelle. Beaucoup cumulent temps incomplets, déplacements multiples et précarité salariale.

Pour la CFDT, toute réflexion sur le temps de travail doit partir de la réalité du terrain et s’accompagner d’une réelle revalorisation salariale et statutaire.

Une école inclusive nécessite des moyens

La CFDT continuera de défendre :

  • une école inclusive ambitieuse ;
  • des AESH reconnus et respectés ;
  • des droits garantis pour les élèves et leurs familles ;
  • des moyens humains à la hauteur des besoins.

L’inclusion scolaire ne peut reposer sur des personnels précaires ni sur des dispositifs sous-dotés.

Elle doit être une priorité nationale portée par des choix politiques clairs.

 

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