Les AESH sont indispensables à l’École inclusive, mais leur précarité professionnelle reste une réalité majeure. Un constat aujourd’hui partagé par les personnels, les syndicats, mais aussi par les inspections générales.
Un métier indispensable… presque toujours exercé à temps incomplet
Le rapport IGÉSR-IGAS consacré à l’avenir des AESH souligne que 97,6 % des AESH exercent à temps incomplet, pour une quotité moyenne proche de 63 %.
Conséquence directe : même lorsque la grille indiciaire progresse, le salaire réellement perçu reste faible puisque la rémunération est calculée au prorata de la quotité de travail.
Le problème du temps de travail des AESH est donc un problème structurel.
Les AESH ne choisissent pas simplement de travailler à temps partiel : le métier lui-même est largement organisé autour du temps incomplet.
Comment parler de professionnalisation lorsqu’une profession indispensable au service public d’Éducation ne permet toujours pas à la majorité de ses personnels de vivre correctement de leur métier ?
Précarité AESH : le salaire n’est pas le seul problème
La précarité ne se limite pas à la rémunération.
Elle se retrouve également dans les conditions de travail : emplois du temps morcelés, changements d’affectation, interventions dans plusieurs établissements, déplacements, difficulté à s’intégrer durablement dans une équipe et perspectives professionnelles très limitées.
Près de la moitié des AESH exercent d’ailleurs sur plusieurs lieux selon les données reprises par les inspections générales.
À cela s’ajoute une réalité paradoxale : plus les années passent, plus les AESH développent des compétences et de l’expérience… mais les possibilités de carrière restent extrêmement faibles.
Observer les besoins d’un élève, favoriser son autonomie, utiliser des outils de compensation, travailler avec les enseignants, participer aux ESS, accompagner des situations complexes ou coopérer avec différents professionnels nécessitent pourtant de véritables compétences professionnelles.
Pour la CFDT, AESH est un véritable métier de service public
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, l’accompagnement des élèves en situation de handicap constitue une mission permanente et indispensable du service public d’Éducation.
C’est pourquoi la CFDT revendique la création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous les AESH. Cette revendication est portée depuis plusieurs années et reste au cœur des mobilisations de 2026.
La catégorie B permettrait de reconnaître davantage le niveau de technicité, d’autonomie et de responsabilité associé au métier.
Mais le statut ne peut pas être la seule réponse.
La CFDT revendique également un temps complet construit à partir des missions réellement exercées, une revalorisation salariale significative, la reconnaissance des qualifications et des compétences professionnelles, ainsi qu’une amélioration réelle des conditions de travail.
Multi affectation : la mobilité ne doit pas devenir une norme
La CFDT porte également des revendications concernant les déplacements et la multi affectation.
Travailler dans plusieurs établissements entraîne des temps de trajet, des frais supplémentaires, des changements d’organisation et parfois des journées particulièrement morcelées.
Ces contraintes doivent être encadrées et reconnues.
Lors de la mobilisation de juin 2026, la CFDT revendiquait notamment une prise en charge des déplacements entre communes et leur prise en compte dans le temps de travail.
La flexibilité nécessaire à l’organisation de l’accompagnement ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail des personnels.
Pourquoi se syndiquer lorsqu’on est AESH ?
Connaître ses droits est essentiel.
Mais il arrive qu’un AESH se retrouve seul face à une difficulté : problème de contrat, changement d’affectation, emploi du temps, rémunération, déplacement, pression professionnelle, conflit ou simplement difficulté à savoir ce que l’administration peut réellement demander.
Se syndiquer permet d’abord de ne plus rester seul.
C’est pouvoir être informé, conseillé et accompagné lorsque l’on rencontre une difficulté individuelle.
Mais l’action syndicale va plus loin.
Les avancées concernant les AESH ne tombent pas du ciel. Elles sont aussi le résultat de mobilisations, d’interventions auprès de l’administration, de groupes de travail et de revendications portées collectivement.
En 2026 encore, l’ouverture de discussions ministérielles sur l’avenir du métier intervient après plusieurs années de mobilisation des personnels et des organisations syndicales.
Se syndiquer, c’est donc défendre ses propres droits, mais aussi donner davantage de force aux revendications collectives.
💡 Le saviez-vous ?
Connaître ses droits, c’est pouvoir les défendre. Se syndiquer, c’est ne pas rester seul, être accompagné et défendu, mais aussi agir collectivement pour améliorer nos salaires, nos conditions de travail, notre statut et obtenir de nouveaux droits.
Parce que plus nous sommes nombreux à porter les mêmes revendications, plus la voix des AESH peut peser dans les discussions qui décident de l’avenir du métier.
La CFDT revendique un véritable avenir professionnel pour les AESH
Pour la CFDT, l’enjeu ne consiste donc pas simplement à améliorer quelques éléments du cadre actuel.
Il s’agit de reconnaître enfin pleinement les AESH comme des professionnels de l’École inclusive :
un statut de fonctionnaire de catégorie B, un véritable temps complet, une rémunération digne, des affectations mieux encadrées, une reconnaissance des compétences et de vraies perspectives de carrière.
L’École inclusive ne peut pas durablement reposer sur la précarité de celles et ceux qui la font vivre chaque jours.
Pour aller plus loin
👉 Notre dossier AESH : toutes les informations et actualités
Dossier AESH de la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bordeaux
👉 Pourquoi la CFDT revendique un statut de fonctionnaire de catégorie B
Un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH
👉 Retrouvez l’ensemble de nos revendications AESH
Les revendications de la CFDT pour les AESH
