Les résultats PISA sont tombés.
Le rapport analyse les difficultés qui expliqueraient les faibles performances des écoliers et collégiens français aux enquêtes
internationales et proposent des pistes d’amélioration.
Ecole inclusive sans moyens, place des écrans, moyens humains et financiers insuffisants à l’école élémentaire, méthodes d’apprentissage, classes chargées, organisation du temps scolaire… les constats sont bien connus.
Une large part du rapport est consacré aux enseignants : le rapport pointe notamment « l’effet enseignant » comme déterminant pour la réussite des élèves.
« 10 % à 15 % des écarts de résultats constatés en fin d’année entre élèves s’expliquent par l’enseignant auquel l’enfant a été confié… C’est une valeur du même ordre de grandeur que l’effet du milieu social des élèves sur la variation des acquis d’un élève à l’autre. »
Or les enseignants vont mal… et les raisons sont multiples :
– Entre 1990 et 2013, les salaires statutaires des enseignants français se sont globalement dégradés en euros constants.
– Les salaires effectifs des enseignants sont inférieurs à ceux des travailleurs à temps plein diplômés de l’enseignement supérieur, de 26 % pour les enseignants de l’élémentaire (contre 17% en moyenne pour l’OCDE).
- La réduction du temps de travail (35h), la généralisation du télétravail – progrès majeurs pour nombre de travailleurs salariés – n’ont pas concerné les enseignants, réduisant d’autant l’avantage comparatif de leur métier (41h de travail en moyenne selon le Ministère).
- Le métier d’enseignant fait partie des métiers où le niveau de tension psychologique est le plus élevé.
- Les enseignants, en particulier dans le premier degré, ressentent des contraintes plus fortes que les autres cadres sur les différentes dimensions des conditions de travail et risques psychosociaux : contraintes physiques (liées au fait de devoir rester debout sur de longues périodes de temps), intensité du travail (contraintes de la gestion de classe, multiplication des tâches…), complexification du métier liée notamment à la prise en charge d’élèves à besoins particuliers de plus en plus nombreux et aux relations parfois difficiles avec certains élèves agressifs, exigences émotionnelles, conflits de valeur, sentiment de reconnaissance, rapports sociaux (certains parents intrusifs ou au contraire démissionnaires.)…
- Par exemple, 64 % des enseignants du premier degré déclarent vivre des situations de tensions avec le public (contre 27 % des autres cadres) ; 51 % des enseignants du premier déclarent qu’il leur arrive parfois d’avoir peur durant leur travail (contre 17 % des autres cadres).
- Seuls 4 % des enseignants, considèrent que leur métier est valorisé dans la société, proportion la plus faible observée à l’échelle internationale.
- A l’usure physique et mentale s’ajoute à un sentiment assez général de manque de reconnaissance ou de soutien de l’institution et à une formation initiale et continue jugée inadaptée : 65 % des enseignants sont « d’accord » ou « tout à fait d’accord » avec le fait que « l’offre de formation professionnelle n’est pas pertinente ».
- Les enseignants d’école élémentaire sont également ceux qui citent le plus l’évolution des exigences de l’institution comme source de stress (62%) : les qualificatifs de « fast-politique » ou de « méthode Tetris » disent bien le caractère incessant des réformes et injonctions. La seule satisfaction devient le fait de simplement trouver les bricolages et les outils de pilotage permettant de remplir les objectifs fixés avant de passer aux suivants et engendrent une perte de sens du métier.
- Résultat : 40 % des enseignants en 2024 (contre 24% en 2018) déclaraient être « d’accord » ou « « tout à fait d’accord » avec l’affirmation « je me demande s’il n’aurait pas été préférable de choisir une autre profession ».
Ainsi l’Éducation nationale a eu, ces dernières années, de plus en plus de mal à attirer des candidats et commence également à avoir du mal à fidéliser les enseignants qu’elle recrute.
Très faible jusqu’alors, le taux de départs volontaires augmente régulièrement depuis 2013-2014, le recrutement de contractuels tend à devenir une modalité pérenne de gestion plutôt qu’une variable d’ajustement du système (entre 2015 et 2022, le nombre des non-titulaires a augmenté de 43 % tandis que celui des titulaires diminuait de 0,7 %.)