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Et le 4 avril ?

Bonjour,

Avant toute chose, les différents messages reçus ces derniers jours nous font penser à cet indispensable article rédigé par nos ami.e.s des Pays de la Loire : Mais que fait le Sgen ? 

Prenons le temps de répondre ici (en étant notamment inspirés des échanges de la liste « bac-lycée ») aux différentes interrogations des adhérents (ou pas) du Sgen CFDT Aquitaine qui s’interrogent, et vous interrogent sans doute aussi, sur le choix du Sgen CFDT Aquitaine de ne pas appeler à la grève le 4 avril. Alors que notre opposition aux reformes Blanquer est nette et sans ambiguïté.

Il semble qu’il y ait à travers les questionnements ou les préconisations d’appel à la grève, plusieurs postulats, questionnons les.

1 ) Le premier est qu’il serait possible de construire une mobilisation avec 80% de grévistes dans l’Education Nationale. Cela est peut-être déjà arrivé. Cela arrivera peut-être de nouveau. Mais force est de constater que cela fait très très longtemps que cela n’est pas arrivé et  qu’à force d’essayer de parvenir à ce résultat sans succès, il est peut-être temps de se remettre en question plutôt que de refaire sans cesse la même chose en espérant un résultat différent.

2 ) Le deuxième est que la multiplication des journées d’action participe à la construction d’un mouvement global. Idée somme toute classique que nous entendons dans nos établissements depuis 10 ans. L’avant-garde cherche l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Reste que cela fait 10 ans que certain.e.s frottent sur des silex régulièrement les mardis ou les jeudis et que l’on n’est pour autant pas près de faire du feu. On peut au contraire penser que cette multiplication rend les actions illisibles, que les mots d’ordre à géométrie variable (lycée ? Parcoursup ? Ecole de la confiance ? Projet de loi fonction publique ? Gilets jaunes ?) ajoutent à la confusion et que les collègues, parce qu’ils et elles ne roulent pas sur l’or et ont une conscience professionnelle assez développée, n’ont pas les moyens de faire grève tous les 4 matins. Ainsi chaque journée est un demi-échec ou une demie-réussite mais globalement un coup d’épée dans l’eau.

3) Enfin le dernier postulat est que finalement ça ne mange pas de pain, que mieux vaut cela que rien, que rien n’est pire que l’inaction. Nous pensons qu’ici, on se trompe. Dans l’image de très nombreux collègues, les syndicats (vus comme une globalité) restent étroitement associés à deux choses. En premier, un syndicat ça sert à faire des grèves quand on est contre les réformes. Dans un second temps, ça sert à avoir sa mut. On peut se demander alors ce que pense de nous la ou le collègue qui a vu toutes les réformes passer depuis x années et n’a toujours pas sa mut ? Surtout quand de bonne foi il ou elle s’est engagé.e dans plusieurs mouvements de grèves qui ont sérieusement grèvé son maigre pouvoir d’achat. Ce collègue, cette collègue, ils, elles n’adhèrent plus, ils, elles ne votent plus. Ils ne croient plus en l’action syndicale parce qu’ils ont vu aussi trop de « démonstrations de faiblesse » (Laurent Berger) successives.

4 ) A nous de montrer que le syndicalisme est encore utile, qu’il permet de faire bouger les choses, qu’il a encore un poids sur ce qui se passe : par l’accompagnement des collègues au quotidien, par la formation et l’information, par notre action dans les instances, par les sollicitations continues de nos élu.e.s et les échanges constructifs que nous réussissons à entretenir, par notre travail de fourmi partout au sein de l’Education Nationale. Notre pouvoir n’est pas énorme. Mais il est réel. Et notre action mérite d’être soutenue et reconnue. Par contre,  le pouvoir d’empêcher une réforme par une grève et une manifestation un mardi ou un jeudi, nous ne l’avons pas.

A la question « alors qu’est-ce qu’on fait ? » qui se pose fort justement, nous n’avons pas la réponse. Et nous ne pensons pas d’après les messages lus, ici ou sur la liste « bac – lycées »,  que qui que ce soit l’ait.

Par contre nous pensons que celle-ci n’est pas « on fait grève tous les 15 jours un mardi ou un jeudi ». Et que tant qu’on pensera qu’il y a une part de réponse dans ce type d’actions, on n’en cherchera pas d’autres.

Bonne fin de journée à toutes et à tous

Pour la commission exécutive,

 
 

Sgen-CFDT Aquitaine | 8 rue Théodore Gardère | 33000 Bordeaux

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Dispense CNIL : Dispense n°7 - Délibération n°2006-138 du 9 mai 2006 décidant de la dispense de déclaration des traitements constitués à des fins d'information ou de communication externe. (J.O. n°128 du 3 juin 2006)