L’enquête sur les conditions de travail a été adressée à tous les agents administratifs, titulaires et contractuels, des 3 catégories A, B, C dans les EPLE, les 5 DSDEN et le rectorat de Bordeaux.

L’enquête a connu des problèmes de diffusion auprès des agents et plus particulièrement auprès des contractuels dont les adresses électroniques ne figurent pas dans les listes fournis au Sgen-CFDT Aquitaine. Ainsi, les titulaires représentent 90 % des participants avec une large majorité (68%) d’adjoints administratifs et ce sont les agents des EPLE qui ont le plus répondu avec (62 %), puis les DSDEN (19%), le rectorat 16 %, autres (3%).

Toutefois, le SGEN-CFDT Aquitaine a recueilli 389 réponses en quelques jours, témoignage d’une attente chez les agents et d’un besoin de s’exprimer sur cette thématique. A plusieurs reprises des agents ont exprimé leur retenue pour répondre à l’enquête par peur d’une éventuelle traçabilité de leurs réponses par les services informatiques. Nous n’avons pas réussi à les convaincre que cette peur était infondée, mais nous les avons invité à répondre au questionnaire depuis leur domicile.

Enquête sur les conditions de travail des agents administratifs de l’académie de Bordeaux

Les principales informations mises en lumière par l’enquête

Les agents estiment à 71 % que leur environnement de travail (locaux, moyens informatiques, etc) est satisfaisant et à 65 % que leur travail leur permet de développer leurs compétences et d’en acquérir de nouvelles.

Le point positif dominant est la bonne, voire très bonne qualité des relations inter personnelles, aussi bien entre collègues qu’avec la hiérarchie de proximité et les relations avec les usagers sont jugées de bonne qualité à 85 %.

Par conséquent, le stress unanimement ressenti ne peut pas s’expliquer par des problèmes relationnels, mais nous devons porter nos regards sur l’organisation du travail et la charge de travail.

A – Un environnement stressant

83 % des agents estiment travailler sous pression régulièrement : la surcharge de travail apparaît avec 52 % des effectifs dont le temps de travail n’est pas suffisant pour effectuer les tâches confiées ; 60 % répondent à des demandes (mail, téléphone) en dehors de leurs heures de travail ; 80 % restent tardivement et font des heures supplémentaires ; 83 % travaillent trop vite sans pouvoir apporter tout le soin souhaité à leur travail.

79 % des agents doivent faire face à des ordres ou indications contradictoires.

58 % des participants reconnaissent « craquer » du fait de leur travail et avoir été témoins (75%) de collègues qui eux-mêmes « craquent » au travail.

B – Le manque de reconnaissance au travail

La reconnaissance au travail est insuffisante, seuls 36 % des agents ont le sentiment d’être reconnu professionnellement régulièrement.

La fiche de poste est encore trop souvent absente (32 %) ou inadaptée au poste (15 %).

51 % des agents administratifs estiment que leur travail ne correspond pas à leur grade et on retrouve le même pourcentage sur l’inefficacité de l’entretien professionnel en la matière.

64 % des agents trouve la formation professionnelle insatisfaisante.

Des attentes fortes

Il est urgent de prendre en compte le stress au travail et les effets négatifs liés au manque de reconnaissance professionnelle.

Il faut réserver une part plus grande aux formations destinées aux personnels administratifs et ne plus se cantonner aux stages annuels consacrés uniquement aux applications et logiciels professionnels.

Le nombre de places offertes aux préparations aux concours administratifs doit être augmenté de manière significative.

Le Sgen-CFDT demande que tout agent ait une fiche de poste actualisée, élaborée en concertation avec celui-ci, reflétant avec exactitude les missions et les attendus.

Le requalification des postes doit être poursuivie en toute transparence. En effet, il est difficile d’expliquer à un adjoint administratif (catégorie C) qui est dans le même bureau que son collègue secrétaire administratif (catégorie B), qui occupe le même poste, a les mêmes attributions, les mêmes responsabilités que lui, qu’il est normal qu’il perçoive un salaire inférieur, des primes inférieures et une pension de retraite inférieure.

La reconnaissance professionnelle doit se traduire dans le système indemnitaire.

Le poids de la charge de travail toujours grandissant du fait des choix des gouvernements successifs de réduire le nombre de fonctionnaires doit être pris en compte concrètement : l’affectation des contractuels et vacataires doit être expliquée aux agents en toute transparence et ne plus se faire au détriment du service ou de la direction d’à-coté.

Le Sgen-CFDT Aquitaine s’engage à reconduire cette enquête tous les ans pour assurer un suivi de l’évolution des conditions de travail des personnels administratifs dans l’académie de Bordeaux et se faire le relais de leurs revendications légitimes.